mardi 30 avril 2013

Joyeux anniversaire !

Vous savez quoi ??? C'est bientôt mon anniversaire !
Enfin, pas tout de suite tout de suite, mais bientôt quand même ! Et cette année, je vais avoir 18 ans !!!

Moi j'aime bien les anniversaires. J'aime bien parce qu'on fait la fête. Et j'aime bien faire la fête. Y a des gâteaux, des bougies et des cadeaux et c'est chouette !

Maman en parle depuis quelque temps de mon anniversaire. Même que ça a pas l'air de trop la réjouir.
Je crois qu'elle se fait pas trop à l'idée que je grandisse...

Ça fait déjà quelques années qu'elle aime pas trop fêter mes anniversaires en fait. Je crois que ça a commencé à mes 15 ans.
15 ans c'est un bel âge ! On est plus tout à fait un enfant, pas encore un adulte... On commence à faire beaucoup plus de choses seul... C'est chouette !
Mais en fait, Maman a pas aimé parce que, même si j'avais 15 ans... en vrai je les avais pas...
Alors à partir de cette date-là, elle a plus voulu fêter mes anniversaires avec beaucoup de monde.

Ces anniversaires, ils renvoient toujours à Maman ce que je ne suis pas et que je ne serai jamais.
Et 18 ans c'est encore pire je crois... 
18 ans c'est l'âge de beaucoup de choses :
La majorité : Pour moi ça va être l'âge de la mise sous tutelle.  Ben oui... Forcément quand t'es handicapé mental, tu peux pas gérer tes affaires seul. Et puis surtout, tu peux pas être responsable de tous tes actes ! Alors on doit te mettre sous tutelle.
Le bac : Alors je crois que je vais avoir un peu de retard à ce niveau là... J'arrive déjà pas à m'habiller toute seule alors passer mon bac...
Le choix des études : C'est tout tracé pour moi : MAS et ça veut pas dire Master en Arts de la Scène, mais Maison d'Accueil Spécialisée.
Le permis de conduire : J'ai même pas mon permis de vélo...
Le droit de vote : Faudrait déjà que j'arrive à mettre un bout de papier dans une enveloppe...
Les fêtes avec les copains : Moi j'aimerais bien mais je crois que Maman est pas trop d'accord pour inviter tous mes potes de l'IME à la maison !
Les 1ers petits copains : Pareil... Je suis pas sure que ça plaise à Maman...

C'est sûrement pour toutes ces choses que je ne ferai jamais que Maman ne veut plus fêter mes anniversaires.
Vous me direz que c'est pas parce qu'on ne les fête pas que ça va changer grand-chose... 

 Mais Maman elle se dit que c'est ridicule ces 18 bougies sur ce gâteau.
Ces 18 ans que je n'aurais jamais vraiment dans ma tête ni dans mon corps.
Ces 18 ans passés déjà... Mais qui semblent bien peu par rapport à tout ce chemin qu'il reste encore à parcourir.
Ces 18 ans qui seront suivis bientôt des 20... Puis de toutes ces dizaines qu'on fête normalement.

Alors du coup elle veut pas les fêter.
Elle sait que des gens viendront quand même... Que beaucoup appelleront.
Elle sait que ça me fait toujours plaisir quand les gens viennent faire la fête avec moi.
Mais elle sait aussi qu'elle va pleurer le jour de mes 18 ans. Elle pleure déjà en y pensant.
Mais c'est pas grave parce que comme d'habitude elle va sûrement réussir à cacher ses larmes...

Ou pas...



dimanche 28 avril 2013

Y en a marre !

J'EN AI MARRE !!!
J'en ai marre d'avoir des couches.
Je sais... La semaine dernière, je vous disais que j'avais arrêté mes bêtises la nuit et que tout se passait bien.

Ouais. Ben ça, c'était la semaine dernière.
Depuis qu'on est rentrés de vacances, ça va plus du tout.
Quand Maman me déshabille le soir et que je vois qu'elle s'apprête à me mettre la couche, et ben je commence à râler.
Je dis "pipi"... Genre j'ai envie d'y aller alors qu'en fait je sors des toilettes...
Ou "caca"... Genre y a un miracle qui arrive et je vais faire caca dans les toilettes... Le truc qu'est arrivé que 2 ou 3 fois depuis que j'ai plus de couches dans la journée.
Deux ou trois fois aussi j'ai fait caca dans le bain, mais ça c'est une autre histoire et j'ai peur que ceux qui sont en train de manger ne reviennent plus jamais sur mon blog...

Bref... J'essaie de gagner du temps...
Alors selon les soirs, soit Maman est de bonne humeur et elle prend son temps et reste calme, soit elle me voit venir de loin avec mes simagrées et elle monte tout de suite dans les tours...
En tous cas, c'est toujours difficile.
Parfois, pour bien l'emmerd montrer ma désapprobation, je tends les jambes.
Fort.
Va-t-en mettre une couche sur quelqu'un qu'a les jambes tellement tendues que même sous hypnose tu y arriverais pas à les tendre autant !
Ou alors après, quand elle a réussi à me glisser la couche sous les fesses en détournant mon attention (ou alors en forçant à fond...), je reste les jambes pliées contre le torse.
Et ben, quand les jambes elles sont pliées contre le torse, les petits scratchs, tu peux pas les mettre !
C'est en général à ce moment qu'elle commence à râler fort. Du coup je me détends un peu... Mais pour lui montrer que je fais mais que j'ai pas envie quand même, je fais monter des larmes dans mes yeux...
Ça marche à tous les coups.
Maman, elle aime pas quand j'ai l'air triste. Et là, je le fais trop trop bien le petit air triste. Le même que le Chat Potté...
Celui qui dit "s'il te plait... Me mets pas la couche ce soir..."


Ouais... Ben c'est rien que des conneries Le Chat Potté... Parce que Maman, elle finit toujours pas me mettre la couche quand même...
Elle dit qu'on peut pas faire autrement.
Je crois qu'en fait elle a très peur que je fasse caca dans le lit et que ce soit Beyrouth dans la chambre le lendemain...
 
Faudrait que je fasse un effort et que j'arrive à me retenir la nuit.
J'ai bien réussi le jour !
C'est pas grâce à Papa et Maman d'ailleurs...
En fait, c'est une éducatrice que j'ai eu une année qui a dit à la rentrée (il y a quelques années quand même...) : "Mon 1er travail avec Nouchette, ce sera d'enlever les couches".
Maman et Papa avaient dit "D'accord..."
Sous-entendu : "Vas-y toi, fais la maligne et enlève les couches. Ça fait juste 3 fois qu'on essaie et qu'à part un traumatisme du coccyx pour Maman après avoir glissé sur une flaque, on a rien obtenu du tout. Alors toi, si tu y arrives du 1er coup..."

Ça les avait drôlement calmés parce qu'en 1 ou 2 mois, l'éduc, elle avait réussi !

Maintenant, Papa et Maman ils se disent qu'il faudrait que cette éduc elle vienne s'installer chez nous.
Pas longtemps hein ! Juste le temps de m'enlever les couches la nuit...

En attendant, Maman continue à me mettre des couches le soir. Et moi j'aime pas...  Elle continue à me dire qu'elle peut pas enlever les couches tant que je suis pas propre...
Elle pourrait faire un effort quand même ! Y parait que certains enfants deviennent propres plus rapidement quand on leur enlève leur couche. Ça marcherait peut-être aussi avec moi !

... Ou pas...

mardi 16 avril 2013

Mes bêtises la nuit...

Plus de 16 000...

Vous allez me demander : "Mais c'est quoi ce chiffre Nouchette ?"

....

Je suis pas hyper fière alors j'ai moyen envie de vous le dire...


C'est le nombre de couches que j'ai portées depuis ma naissance.
Oui je porte toujours des couches...
Je vais avoir 18 ans et je porte toujours des couches...
Pas le jour hein ! Que la nuit.
Mais quand même...

Je sais que ça soûle grave tout le monde à la maison. Quand ils m'enlevent ma couche le matin ou après la sieste, ils râlent... Tous...

Nouchette ! T'es dégueu ! T'as encore fait caca dans ta couche !

Ouais... Je sais c'est crade... Je fais caca dans ma couche. Jamais dans les toilettes... Je sais qu'il faut faire dans les toilettes parce que quand maman me demande où on doit faire, je lui réponds bien...
Mais j'arrive pas.

Bon. Encore maintenant je fais pas trop de bêtises avec ma couche... Mais y a une époque quand j'étais plus petite, où j'ai fait des trucs carrément pas terribles.
Genre des peintures de guerre...
Systématiquement, je mettais les mains dans ma couche et j'étalais partout.
Je voudrais vous y voir vous avec une couche remplie toute la nuit ! C'est hyper gênant à la fin !

Une fois, Papa et Maman étaient chez des amis. Ils m'avaient couchée dans une chambre dans mon lit parapluie pour la sieste.
Quand Maman est venue me chercher, elle a hurlé. Elle a ouvert la fenêtre pour appeler Papa qui était dehors.
Y en avait partout... Le lit ne ressemblait plus à rien.
Moi non plus d'ailleurs...
Maman ne savait plus par où m'attraper.
Ils ont été obligés de sortir le lit et de laver au jet d'eau.

Après, Maman a cherché des ruses pour que je mette plus mes mains dans la couche. Au début, elle remettait un body par dessus le pyjama. Ça a pas mal marché pendant un moment. Et puis après, j'ai compris comment passer la main sous le body et rentrer dans le pyjama.
Alors elle a cherché autre chose.
Et elle a pensé aux turbulettes.
Mais comme j'arrivais à ouvrir la fermeture éclair, ça marchait pas. Alors ils m'ont mis la turbulette à l'envers...
Et là ça marchait ! J'arrivais plus à mettre la main dans ma couche !
Le seul truc... c'est que les turbulettes, c'est pour les bébés. Et que quand tu grandis, et ben y a plus de turbulette à ta taille !
Alors Maman elle a sorti sa machine à coudre et tous les ans, elle me faisait une nouvelle turbulette.

J'ai fait d'autres trucs moyens la nuit... Vers 7 ans, j'ai commencé à me réveiller la nuit.
Jusque là vous allez me dire, c'est pas trop grave ! Parce que je pleurais pas ni rien !
Juste je me levais.
Sans faire de bruit.
J'arrivais à escalader mon lit de bébé avec la turbulette et je me promenais.
Maman ça la faisait pas rire... Parce que comme je faisais pas de bruit, ils m'entendaient pas. Mais j'étais quand même en turbulette et ma chambre était à l'étage.
Maman trouvait que c'était un peu dangereux... Quelle chochotte !
Alors au début, quand je me levais, ils me recouchaient et on en parlait plus. Je me rendormais jusqu'à lendemain matin.
Et puis un jour, j'ai commencé à me relever dès que Maman m'avait couchée. Et à pleurer quand elle me recouchait. Et à me relever 5 minutes après...
Et dans la nuit.
Et comme dans la nuit, je faisais toujours pas de bruit, Maman a commencé à mal dormir.
Elle attendait que je me lève pour pouvoir me recoucher avant qu'il m'arrive quelque chose.
Et ça a duré un petit moment...
Tellement qu'à la fin, Maman ne dormait quasiment plus. Elle attendait.
Quand on lui demandait comment ça allait, elle se mettait à pleurer...
Alors elle s'est dit qu'il fallait trouver une solution.
Au début, ils ont essayé de mettre une commode à côté de mon lit pour m'empêcher de sortir.
Ça a pas empêché grand-chose...
Puis Maman a réfléchi. Elle s'est dit qu'il fallait qu'elle m'attache dans mon lit.
Oui oui. Vous avez bien lu. Attachée !
Genre avec un harnais ou quelque chose comme ça.
Sauf que les harnais, c'est un petit peu interdit en France.
Parait que c'est dangereux...
Alors elle a eu une idée géniale (elle est pas très modeste Maman...)
Elle a passé une sangle autour du matelas. Et moi, ils me mettaient une ceinture autour de la taille qu'ils passaient d'abord sous la sangle. Comme ça,  je pouvais m'asseoir et me tourner dans tous les sens, mais pas me lever.
Ça a marché impec. Même que, quand ils me couchaient, je réclamais ma ceinture.
A la fin, ils mettaient juste la ceinture sans la sangle et j'essayais même plus de me lever.
Et puis au bout d'un moment, ils ont enlevé la ceinture. Et je ne me levais plus.

Depuis, j'ai pas trouvé autre chose pour les emm distraire la nuit. Maintenant je dors.
Bon. Je continue à remplir ma couche! Faut bien les occuper un peu quand même !
Mais c'est sûr, un jour, je serai propre aussi la nuit...

Ou pas...

lundi 15 avril 2013

J'ai une mauvaise nouvelle...

S'il y a bien un truc qui doit pas être sympa dans le métier de médecin, c'est l'annonce des mauvaises nouvelles... Surtout des mauvaises nouvelles qui doivent être suivies d'une prise de décision de la part du patient.
Normalement, le médecin doit être objectif.
Normalement.
En fait, je pense que c'est juste impossible.
Comment faire abstraction de ses croyances, de ses convictions, de son vécu personnel et de praticien, des personnes que l'on a en face de soi, de leur histoire à elles aussi ?

La 1ère mauvaise nouvelle qu'on nous a annoncée, c'était lors de la 1ère échographie pour Nouchette.
L'échographiste était l'un des plus réputés de la ville. Sa réputation tenait plus à sa technique qu'à sa diplomatie.
Donc il commence l'examen.
Sans un mot. C'est plus marrant quand tu dis rien.
Rapidement on a compris qu'il y avait un truc qui clochait.
Au bout d'un moment il pose sa sonde et nous sort : "le bébé présente une clarté nucale".
Comme je ne savais pas ce que c'était, il m'a expliqué. Il a parlé d'amniocentèse.
Nous ne nous sommes même pas posés la question de savoir s'il fallait la faire ou pas.
Pourtant, je suis sûre que son discours ne nous a pas orientés plus que ça.
Pourtant nous avons été élevés tous les deux dans des familles catholiques (même si nous ne savons plus trop si nous le sommes encore. Mais ça c'est une autre histoire !)
C'est juste que pour un 1er enfant, on avait moyennement envie d'un enfant trisomique...
(Bon... On a été pas mal punis pour ça... )
Je pense que même si ce médecin nous avait vantés les mérites d'un enfant handicapé, nous n'aurions pas changé de décision.
Je ne vous raconte pas la suite, elle est ici.

La seconde fois, c'est lorsque Nouchette a passé son IRM et qu'on a appris son handicap. Juste après, j'avais rendez-vous avec le gynécologue pour la visite du 8eme mois. Il n'y est pas allé par 4 chemins. Il a tout annoncé d'un coup. Le handicap, le problème avec le bébé, le fait que ce soit génétique et que les bébés à venir risquent d'avoir le même handicap.
En même temps... Comment voulez-vous annoncer ça ? J'ai plaint ce gyneco.
Après. Parce que d'abord je me suis plaint un peu moi...
Mais quand même... Comment voulez-vous annoncer à une femme qui vient vous voir pour un suivi de grossesse que l'affaire se corse un peu ?
Encore une fois ici, je ne suis pas sûre que la manière dont on nous l'a annoncé ait changé quoi que ce soit à la décision qui allait suivre.

Bref... On peut toujours porter un jugement sur la manière d'annoncer et d'expliquer les choses.
Toujours.
Mais je me suis toujours dit (souvent après coup d'ailleurs), que ce devait être bien pénible d'annoncer des mauvaises nouvelles en essayant d'être le plus objectif possible, sans connaître les convictions de la personne en face...
Parce que quelle que soit la manière d'annoncer, ce sera toujours au patient de prendre ses décisions et d'essayer de les assumer derrière...

Ou pas...

vendredi 29 mars 2013

C'est chouette les mamies !

Je ne vous ai pas encore parlé de mes grands-mères ? C'est dommage parce que c'est bien les grands-mères.
Alors comme tout le monde, j'ai deux grands-mères. Jusque là, rien d'extraordinaire !
Bon. En fait la première, la maman de mon papa, elle est un petit peu morte. Mais y a longtemps ! J'étais même pas née. Alors je l'ai pas connue. Donc je dis même pas "Mamie, elle est au ciel"...

La deuxième, la maman de ma maman, elle est pas morte mais on la voit pas beaucoup. On la voit même jamais en fait... Et ça fait... Pffff.... Ben ça fait drôlement longtemps ! Elles se parlent plus avec ma maman.
Je crois juste que maman lui donne de l'argent tous les mois et c'est tout !

Ça a jamais été très simple entre maman et mamie. Mamie a toujours dit à maman qu'elle avait commencé à faire une dépression à sa naissance... En gros ça veut dire : "ma chérie, depuis que tu es née, la vie est tellement terrible que je suis dépressive..."

Après, papi et mamie ont divorcé. C'était quand maman était petite alors c'était y a très longtemps ! Mais ça s'est pas bien passé du tout. Mamie a raconté des trucs moches sur papi et du coup, maman et tata ont refusé de voir leur papa pendant plus de trois ans !
Mamie faisait toujours des dépressions. Elle a fait plusieurs tentatives de suicides aussi. Maman sortait du collège, et la directrice venait la chercher en lui disant que sa maman était à l'hôpital...
Ou alors, mamie racontait à table la manière dont elle allait s'y prendre pour se suicider !
Après, elle faisait des longs séjours dans des maisons de repos et c'était la grand-mère de maman et tata qui venait les garder.

Un jour quand elle a eu 15 ans, maman a dit à mamie qu'elle partait vivre avec son papa.
Mamie l'a pas très bien vécu...
Après, ça a toujours été en dents de scie... Maman s'énervait après mamie, coupait les ponts pendant un moment et revenait la voir parce qu'elle se disait que c'était quand même sa maman...
Mamie disait toujours des trucs gentils à maman :
"Ton père est un con.... Tiens ! Quand tu fais ça, tu ressembles à ton père !"
"On ne se rend pas compte à quel point c'est difficile pour une grand-mère d'avoir un petit enfant handicapé"
"Non Blondie, tous ces morts avec le tsunami, ce n'est pas grave... on ne les connaît pas"

Quand maman était à l'hôpital, mamie est venue la voir en pleurant parce qu'elle venait de se disputer avec une amie. C'est vrai qu'à ce moment, maman était en pleine forme et avait une pêche d'enfer !
En fait, dès que mamie n'allait pas bien (et c'était assez souvent), elle venait faire ch chez nous.

Il y a 8 ans au téléphone, mamie et maman ont eu une vraie dispute. Encore plus longue et plus forte que d'habitude.
Mamie a dit à maman qu'elle était tellement méchante que c'était pour ça qu'elle avait une enfant handicapée.
Maman a raccroché en disant qu'elle pensait qu'elles n'avaient plus rien à se dire maintenant.

Mamie a bien essayé après de se faire pardonner. Elle a envoyé une longue lettre à maman en disant qu'elle s'excusait mais que quand même... maman avait tendu le bâton pour se faire battre...

Ensuite, il y a eu l'histoire du tribunal... Après le divorce, comme mamie était toujours en dépression, elle a jamais beaucoup travaillé... Du coup, quand elle s'est retrouvée à la retraite, et ben elle ne gagnait pas assez d'argent. Alors mamie, tata et maman sont allées voir une juge qui a condamné tata et maman à verser une pension alimentaire à mamie.

Maintenant, quand maman voit mamie, elle lui dit "bonjour" ; mais ça s'arrête là.
Maman dit qu'elle est plus heureuse maintenant et que c'est surtout moins compliqué...
Elle est pas sûre que ce soit le bon choix, mais pour le moment, c'est le sien.
Elle est pas sûre de pas regretter un jour... mais pour le moment, ça va comme ça.

Dès fois, quand les gens lui disent : "c'est quand même ta mère" ; elle répond qu'une mère ne devrait pas dire des choses comme ça à ses enfants...

Pour Blondie et moi, c'est plus embêtant parce qu'on a plus de mamie du coup...
Heureusement, mon papi (le papa de maman) il est marié avec une dame qui est comme une mamie pour nous.
Et puis on sait jamais... Peut-être qu'un jour maman prendra le téléphone et appellera mamie pour l'inviter à la maison...

Ou pas...




samedi 16 mars 2013

Politiquement incorrect...

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux te plaindre tout le temps.
Quand t'as un enfant handicapé, tu prends le train gratos avec lui.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux faire des murs de séparation dans la maison avec les couches sales.

Quand t'as un enfant handicapé, t'as une excuse pour pas aller bosser.

Quand t'as un enfant handicapé, même si tu mets un sac poubelle comme robe, il te trouve belle.

Quand t'as un enfant handicapé, tu fais des économies sur son permis de conduire.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui faire rater l'école, ça va pas lui faire rater le bac.
Quand t'as un enfant handicapé, t'as 1/2 part supplémentaire aux impôts.
Quand t'as un enfant handicapé, tu l'engueules pas parce qu'il explose son forfait.
Quand t'as un enfant handicapé, tu maîtrises la pose de la couche d'une main.
Quand t'as un enfant handicapé, t'es pas obligé d'avoir ses copains le week-end.
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui couper les cheveux toi-même. 
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui faire croire que la coupe au bol c'est très tendance.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui faire écouter André Rieu, ça le dérange pas.

Quand t'as un enfant handicapé, il est toujours content de te voir.

Quand t'as un enfant handicapé, tu gagnes à la course.
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux l'habiller n'importe comment, il s'en fout.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux faire plein de blagues sur lui, il ne se vexe pas.

Quand t'as un enfant handicapé, t'es pas obligé d'être concentré quand il te parle. De toutes façons, y a rien à comprendre.

Quand t'as un enfant handicapé, tu joues à la poupée toute ta vie. Enfin toute la sienne plutôt.
Quand t'as un enfant handicapé, tu fais pas la queue chez Mickey.
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux jouer à des jeux de société avec lui, tu gagnes tout le temps.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux te garer où tu veux sans payer.

Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui filer à manger tout ce que tu n'aimes pas.
Quand t'as un enfant handicapé, tu touches plein d'allocs alors tu deviens riche.
Quand t'as un enfant handicapé, t'as pas à aller le chercher au lycée. On affrète un car juste pour lui et ses copains.
Quand t'as un enfant handicapé, t'apprends que parfois les dons du ciel sont merdeux.
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux faire la grasse matinée. Suffit de l'oublier dans le lit.
Quand t'as un enfant handicapé, tu fais pas la queue aux caisses des supermarchés.
Quand t'as un enfant handicapé, tu assures le spectacle gratuitement dans la rue.
Quand t'as un enfant handicapé, tu peux lui faire répéter toutes les conneries qui te passent par la tête. Et il en passe beaucoup.
Quand t'as un enfant handicapé, t'as une vie tout à fait normale....


.... Ou pas...

dimanche 3 mars 2013

J'ai besoin de ma camisole...

Bien... Faut que je vous avoue quelque chose... J'ai pas été super super gentille ces derniers temps...
En fait, ça a commencé quand maman est partie (voir ). J'étais comme qui dirait un peu tendue...
En plus j'étais un peu malade (même que je suis pas allée au centre pendant 2 jours).
Du coup, quand on est malade, on est fatigué et quand on est fatigué, on est énervé...
Bref...
Samedi dernier, on est partis en vacances tous les 4.
En train.
Alors au départ, j'ai trouvé ça marrant le train, le pique-nique, toussa toussa...
Et puis quand on est descendus à Paris, j'ai cru qu'on était arrivés.
Oui mais non.
On a marché dans les couloirs de la gare. Y avait un petit peu de monde.
Et moi, pour montrer que ça ne me plaisait pas trop, j'ai commencé à gueul m'exprimer à voix haute.
Genre très haute...
Genre qui fait se retourner tout le monde dans les couloirs.
Genre que si Bondie elle avait des mitraillettes dans les yeux, y aurait eu une extermination de parisiens en bonne et due forme.
Maman tirait une valise, Blondie une autre et Papa essayait tant bien que mal de me faire avancer pour pas louper l'autre train...
C'était drôle...
Je voyais pas bien où ils voulaient en venir...
Et quand je vois pas ce qu'on va faire, et ben j'aime pas.
Il a fallu marcher... prendre des escalators, des escaliers, des ascenseurs, des couloirs... Monter dans un métro, remarcher, reprendre des escaliers... C'était long. Très long. Trop long !!!
On est quand même arrivés dans la 2ème gare et on est montés dans le 2ème train. Là ça a été. J'aime bien le train. Je suis sage dans le train.
Ensuite, on est arrivés à Avignon et le tonton de Maman est venus nous chercher.
Je connais bien là-bas. On y est souvent allés en vacances.

En début de semaine ça s'est pas trop mal passé. On allait chez les uns ou les autres. Maman a fait pas mal de rangement dans la maison de sa cousine...
Et puis un jour, ils ont décidé qu'on allait se promener. Voir les dentelles de Montmirail. Tout un programme...
L'oncle et la tante de Maman sont arrivés le matin. On emmenait mon petit cousin aussi. Il fallait donc deux voitures.
Avant de monter dans la voiture, quelqu'un a demandé à Blondie d'aller jeter la poubelle. Sauf que du coup, je la voyais plus Blondie...
Je vous ai déjà dit que les départs me stressaient ? Alors les départs quand il manque un des miens, et ben c'est pire.
J'ai cru qu'elle allait pas venir alors je me suis mise à crier. Fort.
Et après c'était trop tard.
Elle est revenue. Elle est montée dans la voiture. Mais c'était trop tard.
J'étais très très énervée.
Et dans ces cas-là, je gère plus rien.
J'attrape, je pince, je griffe, je mords, je tire, je crie... tout ce qui est à ma portée y passe...
Alors mon cousin et Blondie sont montés dans l'autre voiture parce que je leur faisais peur...
Du coup, ça a été pire.
Papa et Maman ont mis 30 minutes pour faire 5 km... Maman pleurait et essayait de me calmer et Papa essayait de conduire.
Maman a même dit qu'elle ne voulait plus aller se promener et qu'elle voulait rentrer...
Elle aime pas trop qu'on la voit pleurer Maman.
Mais ils ont continué quand même parce que c'était pas sympa pour Blondie et pour la famille...
J'ai mis très longtemps à me calmer. Et même après, j'étais pas complètement calmée.
On est quand même allés se promener à Gigondas et à Vaison-la-Romaine. Mais vraiment pas longtemps parce que je faisais chier tout le monde je traînais derrière.
Je crois qu'ils ont pas passé une très bonne journée. Faut dire que moi non plus... Je suis pas très bien quand je suis comme ça. J'arrive vraiment pas à me contrôler.

Avec tout ça, il y a une chose que j'ai oublié de vous dire...
Il y a environ 2 mois, un matin, Maman sort en courant au moment où je partais à l'école avec Papa. Elle avait 1/2 comprimé de Risperdal à la main. Elle craignait que Papa ait oublié de me le donner.
Papa lui a dit que c'était bon, qu'il avait pas oublié.
Et là, Maman a compris que Papa était en train de diminuer les doses de Risperdal (souvenez-vous)

Au début, ça a été pas trop mal. Ils m'en donnaient la moitié et ça se passait plutôt bien. Et puis ils ont arrêté complètement il y a une quinzaine de jours.
Mais en fait, ils se sont rendus compte pendant les vacances que c'était pas possible.
Si tout va bien, si je ne suis pas fatiguée, s'il n'y a pas d'éléments perturbateurs dans ma vie, si je ne suis pas malade, si personne ne meurt dans la famille, bref... si on vit dans le monde des Bisounours... j'en ai pas besoin. Ou plutôt, je peux m'en passer...
Mais en fait, cette vie là, elle existe pas... Et dès qu'un grain de sable arrive dans mon univers, c'est le drame...
Alors ils ont décidé de reprendre le traitement. Parce qu'en y réfléchissant, ils se sont rendus compte que j'avais fait plus de crises en un mois que je n'en avais fait en 4 ans de traitement.
Maman elle a dit qu'elle ne pourrait plus supporter ça. Alors ils m'ont redonné le Risperdal.
Tant mieux.
Je me sens mieux quand je l'ai. Je le reprends depuis 4 jours maintenant. Je suis de nouveau plus calme.

Papa et Maman disent qu'au moins, ils sont sûrs que j'en ai besoin maintenant. D'avoir essayé d'arrêter leur a montré que ça ne servait pas à rien.

Après, on pourra toujours dire que l'arrêt n'est pas tombé au bon moment... Mais c'est même pas sûr. Même s'il n'y a pas toujours des périodes aussi difficiles dans la famille, il y a toujours de périodes ou je suis fatiguée...

En tous cas, je suis contente d'avoir retrouvé ma camisole chimique. Elle me protège, elle me rassure, elle me fait du bien.
Et c'est promis. Je ne ferai plus de crises...

Ou pas...